Covid-19 – Madagascar : Pharmalagasy repart à l’assaut !

Admin 10 May 2022 Eco-monde Vue 64


 

La recherche sur des médicaments traditionnels améliorés contre le Covid 19 a été lancée par 5 pays africains dont Madagascar, grâce à l’appui officiel de l’OMS. La Grande Ile semble en avance par rapport à ses 4 autres pays, avec la fin des essais cliniques phase 3, nécessaires avant la commercialisation du médicament. Le marché pharmaceutique pour lutter contre la pandémie est estimé à près de 1.000 milliards d'Euros. Mais l’Afrique entend faire entendre sa voix en proposant une alternative notamment à Madagascar où on mise davantage sur CVO+ Curatif.  Pierre Raoelina ANDRIAMBOLOLONA-DG de Pharmalagasy nous livre les objectifs de la jeune usine pharmaceutique créée en octobre 2020.


 


 

 

Le monde tourne la page de la pandémie même si celle-ci est toujours en cours. C’est dans cet esprit que vous avez poursuivi vos recherches. Bien que le dernier traitement anti-COVID de Madagascar promu par les autorités malgaches n’a cependant pas eu le succès escompté. Quelle stratégie allez-vous adopter pour convaincre la population à Madagascar et hors de la Grande ile, du bienfait du médicament CVO + curatif sous forme de gélule ?

Pierre Raoelina Andriambololona : Je remets ça dans un contexte plus général. Tous les pays du monde et les laboratoires pharmaceutiques recherchent une solution activement, pour des remèdes contre le Covid 19. Des vaccins sont déjà commercialisés. L’objectif n’est pas de relancer un débat sur les vaccins ou autres médicaments. Mais il est important de dire que notre continent pense à ces solutions pour lui-même et le reste du monde avec ces 5 pays d’Afrique dont Madagascar, soutenus par l’OMS dans la recherche médicamenteuse contre la COVID-19. 

Mais l’homologation des traitements prendra beaucoup de temps alors que la planète tourne le dos à la pandémie. Ne craignez-vous pas d’être un peu à contre-courant ?

Madagascar a élaboré un médicament et a pu réaliser les essais cliniques phase 3, dont le processus et le protocole d’essai ont été mis au point, en collaboration et approuvé par l’OMS, dont nous avons publié les résultats officiellement, début juillet. Néanmoins, l’étude continue, puisqu’elle va faire l’objet de publication scientifique avec un processus un peu long, auprès d’un comité scientifique indépendant mais nous avançons dans la validation de notre produit, pour qu’il soit reconnu de manière incontestable. Pour la commercialisation du CVO+, comme tout médicament, il est soumis à des législations qui dépendent des pays. Même si l’Agence Européenne du médicament a sa propre législation. Nous sommes prêts à convaincre chaque autorité du bienfait de nos produits et du respect de l’éthique en Europe, en Afrique mais aussi partout dans le reste du monde.  

Et que disent ces premiers résultats et pouvez-vous nous dire les caractéristiques de ce traitement ? 

Avant toute chose, nous prônons le traitement des infections virales par les plantes médicinales qui ont déjà fait leurs preuves de guérison sur les patients. Nous valorisons la pharmacopée traditionnelle malagasy qui a une multitude de principes actifs pouvant guérir un grand nombre d’infections virales et de maladies présente sur le continent africain et le reste du monde.

Justement, que disent ces tests car beaucoup de personnes restent encore sceptiques ? 

Depuis octobre 2021, nous avons attendu avec impatience la position et la réponse ferme de l’OMS concernant l’efficacité du CVO+ Curatif. La délégation de l’OMS en visite à mi-février 2022 à Madagascar, comprenant un représentant du directeur général de l’OMS, a reconnu le sérieux des essais cliniques. Il reste encore des étapes pour lesquelles la collaboration entre les membres du comité scientifique Malagasy et l’OMS continue pour que le médicament soit pleinement reconnu à l’international et que le savoir-faire Malagasy soit mis en avant. 

 Mais la tisane n’a pas eu de succès et vous nous assurez que le CVO a plus de probabilités de le connaître étant plus curatif. Est-ce que les pays africains qui étaient réticents auparavant commencent à être convaincu de votre solution ? 

Il y a 1 an et demi, il y a eu une large campagne de médiatisation, notamment en Afrique. Celle-ci a été initiée par le Président Andry Rajoelina, qui a remis un certain volume d’infusion (le CVO), a plusieurs pays d’Afrique et d’Amérique (Haïti) pour des essais dont les échos n’ont pas été toujours positifs faute de résultats scientifiques plus poussés. Le CVO+ est une version améliorée par rapport à l’infusion, même si les 3 initiales sont les mêmes. La seule ressemblance c’est qu’elles sont toutes à base d’Artemisia annua, mais il y a une grande différence puisque le taux de principe actif, l’artémisinine n’est pas forcément contrôlé et peut varier pour l’infusion (Tambavy), suivant la durée de l’infusion. Cela n’est pas le cas du CVO+ que nous commercialisons déjà dans sa version CV0+ préventif, En effet, le taux d’artémésinine, mais également le taux d’huiles essentielles du Ravintsara qui présentent des taux de concentration fixes et controlés. Autre différence, il fallait boire un certain nombre de litres pour l’infusion (dont le coté amer peut-être rébarbatif), alors que le CVO+ est une gélule, dans des flacons donc moins encombrants que la version Tambavy. Au final, vous avez 2 produits différents avec des posologies différentes.

Il est important de rappeler à nos lecteurs que vous êtes dans une phase d’observation. Et vous êtes un nouveau compétiteur dans ce domaine à l’échelle mondiale avec, en prime, une concurrence qui tentera de vous phagocyter... 

Madagascar, il y a quelques décennies comptait 3 laboratoires pharmaceutiques, qui s’occupaient de la recherche et de la production. Ces derniers se sont arrêtés pour diverses raisons. Pharmalagasy est le signe du renouveau, pour le pays, pour la communauté scientifique Malagasy, voulu par le Président de la République Andry Rajoelina. Beaucoup de recherches fondamentales ont été faites à Madagascar, au niveau de l’IMRA par exemple, beaucoup de produits issus de la pharmacopée traditionnelle ont été étudiés, mais laissés ensuite dans les placards. Il s’agit pour Pharmalagasy de dépoussiérer ces dossiers et d’étudier avec une méthodologie sérieuse, la pharmacopée Malagasy en exploitant toutes ses potentialités commerciales. La forme infusion, conduite par l’IMRA fut la première phase. La forme gélule est la deuxième phase, avec des installations industrielles faites rapidement. 

Le problème c’est que cette industrie est très budgétivore. Il y a une vraie part de risque. La marge d’erreur est très faible pour Pharmalagasy. Comment comptez-vous joindre à la fois l’aspect de la rentabilité et le respect de l’éthique... 

Avec notre business-plan, nous comptons faire grandir Pharmalagasy dans le respect des bonnes pratiques pharmaceutiques, avec des investissements dans un laboratoire de recherche et développement. Cela ne se fait pas sur un coup de baguette magique. Il faut s’appuyer sur les compétences de la communauté scientifique Malagasy et internationale (des professeurs ou des laboratoires étrangers). Et cela prendra certainement du temps et il faudra mobiliser des capitaux. Mais nous sommes très positifs car la version curative qui traite des formes légères et modérées a un taux d’efficacité de 70 à 87% dès le 14ème jour. Pour étudier l’effet du CVO curatif seul sur des formes graves, c’était prendre des risques avec la santé des patients, ce n’est donc pas la même analyse. Il faut signaler néanmoins qu’aucun patient traité avec le CVO+ n’a vu son état se dégrader. Donc les gens qui sont atteints ne développeront pas la forme grave. Et le CVO+ préventif a lui aussi reçu de bonnes appréciations auprès de différentes personnes qui l’ont testé selon les différents témoignages sur les réseaux sociaux.  Nous commercialisons aussi des compléments alimentaires d’origines naturels pour le renforcement des défenses immunitaires et carences en nutriments. Cela représente un marché considérable qui connait une hausse depuis le début de cette pandémie.

Réalisation Rudi CASBI  



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