Aux décideurs : L'ouverture des frontières enfin !

Admin 18 May 2022 Editorial Vue 82





Les frontières terrestres sont rouvertes sur l'ensemble du territoire national. L'annonce de la nouvelle a provoqué une réaction mitigée. Parce que, lassées d'attendre, devenues stoïques et blasées, les populations avaient fini par s'adapter à cette situation de semi-fermeture pour laquelle elles devaient payer un lourd tribut. C'est qu'en fait, lorsque le 20 mars 2020, le gouvernement du Togo annonçait la fermeture, pour deux semaines, de toutes les frontières terrestres à partir de minuit, personne n'y était préparé. Et il était absolument impossible d'envisager que les deux semaines initialement annoncées dureraient finalement...vingt-six (26) mois.

Pris de court et contraints d'improviser, les commerçants avaient naturellement versé dans la surenchère, de façon si excessive que, dès le 21 avril 2020, le gouvernement lui-même, dans un communiqué, constatait une certaine spéculation sur les produits de première nécessité, quand ces produits n'étaient pas purement et simplement soustraits à la vente et emmagasinés. 


Depuis lors, les choses sont allées de mal en pis. Parce que, même si dans son communiqué officiel, le gouvernement laissait une marge de facilité de circulation pour les marchandises, les agents en poste aux frontières ne l'entendaient pas ainsi. 

Un mécanisme de rançonnement a été créé et entretenu au point de devenir systématique et même ostentatoire. Les frais de transport en ont été lourdement impactés, contribuant à l'augmentation exponentielle des prix des produits de première nécessité.

Les quatre cents (400) milliards annoncés par le gouvernement en soutien à la consommation, à la production et à la sauvegarde de l'emploi dans le cadre des mesures de résorption des chocs créés par la Covid 19 n'ont pu empêcher l'amenuisement progressif du pouvoir d'achat des citoyens, provoquant le désarroi des opérateurs économiques, contraints de commercer en ligne pour cause de raréfaction des clients provenant des pays de la sous-région. 


Finalement, le maintien de cette fermeture des frontières n'était plus soutenu par aucune logique. Elle apparaissait même comme une absurdité, au regard de ce que, toutes les frontières limitrophes étaient grandes ouvertes. Ce, d'autant que, malgré la fermeture officielle, le flux de passagers avait pratiquement atteint son niveau d'avant la crise.

Il convient cependant de saluer cette décision d'ouverture des frontières terrestres. Parce que, somme toute, elle est prématurée, si l'on tient compte de la dernière prorogation de l'état d'urgence sanitaire, le 16 septembre 2021, pour une durée d'un an. 

Dans tous les cas, elle devrait redonner du souffle à l'économie nationale et soulager tant soit peu la peine des populations. 

À condition toutefois que toutes les dispositions soient prises pour assurer effectivement la libre circulation des personnes et des biens.

Anicet Carlos OKE


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